Sous la pression d’une foule hystérique portant masques, bonnets et accessoires bricolés à l’effigie du C.R.O.U. le Bataclan, plein à craquer, est prêt à imploser. La lumière s’éteint sur nos visages en sueur et les fanatiques en coeur insultent leur maître en guise de bienvenue. Étrange rituel…![]()
Stupeflip investit la scène, après cinq années d’absence, au son des « Monstres », dans une chorégraphie sordide et stupéfiante, parade macabre de freaks et zombies cagoulés et gantés. Les plus hardis du public tentent de reconnaître une voix, une attitude pour mieux démasquer les membres de cet ovni collectif : King Ju ? Pop Hip ? Cadillac ? MC Salo ? Reverb Man ? ça pousse, ça hurle, ça se grimpe dessus dans une ambiance bon enfant qui ne trahit pas la noirceur des textes sortis tout droit de l’imaginaire d’un« psychopathe » où chacun peut retrouver le « ptiot » malaimé, voir maltraité qui fermente en lui. Triste destin que de grandir, quand « derrière Casimir se cache un costume vide… »
Arrive ensuite le personnage de Pop Hip, le seul à visage découvert, anti-héros du C.R.O.U. qui sous des airs faussement mièvres donne au spectacle son côté schizophrène : nappes de synthés 80, boîtes à rythmes, histoires d’ados et textes simplistes emprunts d’une vraie mélancolie. Malheureusement Pop Hip et ses petites ritournelles ont fait leur temps, il doit maintenant mourir et s’effondrer sur scène, criblé de balles, lynché sous les insultes.
Viennent enfin les vrais déguisements (entre féodal et vendredi 13) les hymnes terrifiants et les slogans salvateurs : « A bas la hiérarchie » et surtout « Stupeflip Vite », bien plus nécessaire que son pendant FN. Cette tribu de déjantés, refoulée des maisons de disque et pourtant adulée, est la preuve que le public sait se passionner pour autre chose que le prémâché-digéré des plateaux télé « bien pensants ». De vingt à quarante ans on connait les textes par coeur, oui vraiment « le truc est vivant dans les têtes même s’il est cramé dans les Fnacs ».
C) Textes et Photos Jeremix
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